Bai Mu Dan

Thé Blanc de Fujian 2019

€30.00

L’origine

C’est un thé blanc classique de Fuding une ville de la province de Fujian en Chine. La variété du théier est le « Da Bai Cha » (Camelia Sinensis Grand Blanc de Fuding) dont les gros bourgeons sont recouverts d’un duvet blanc, spécialité de Fujian.

C’est une récolte du début du printemps 2019, avec un bourgeon (Yi Ya) bien rond et gonflé de la dormance hivernale et une feuille (Yi Ye).

Ce thé est en réalité un MU DAN WANG (Pivoine Royale). Il est récolté manuellement, au même moment que les aiguilles d’argent. C’est un grade supérieur au BAI MU DAN (pivoine blanche), souvent récolté plus tard au printemps et en été.

 

J’ai trouvé ce thé par l’intermédiaire d’une amie chinoise qui tient une boutique de thé à Qingdao. Cette amie entretient un lien direct avec ce producteur avec qui elle travaille depuis longtemps.

Comme ce thé se garde et se bonifie avec le temps, je lui ai pris 10 kg pour m’assurer d’en avoir pour quelques années... Aujourd’hui, je suis heureuse de le partager avec ceux qui sauront l’apprécier. Il me reste à peu prêt la moitié.

 

La fabrication

Au niveau de sa fabrication, on peut noter qu’il est séché au charbon après un flétrissage au soleil de quelques jours. La chaleur du feu est moins agressive et le séchage est plus lent que dans les fours électriques qui peuvent jaunir les feuilles, altérer la blancheur et lancer une oxydation non désirée.

 

La Liqueur

La liqueur de ce Mu Dan Wang est très claire, très cristalline au début. Elle va foncer légèrement après plusieurs « Pao » (infusions). Pour les chinois, la liqueur se situera dans la section « Théaflavine » du graphique ci-dessous. On y verra aussi danser le duvet blanc, signe de qualité.

 

Les arômes

Le gout huileux du thé que les chinois appellent « Cha You » sera présent dans la première infusion. C’est une sensation enveloppante dans la bouche, tapissant la langue et le palais. A cela s’ajoute bien sûr la délicatesse, la douceur, les aromes de fleurs que chacun saura apprécier, au fur et à mesure de l’infusion.

 

Quand le boire ?

Je bois généralement ce thé le matin. Comme il est délicat, j’ai besoin de calme pour en apprécier toutes les subtilités, l’agitation de l’après-midi me détournerait de mon objectif. Ensuite, je le bois seule ou avec une seule personne, là aussi trop de monde à parler et l’on perd le fil de la dégustation.

 

Bon pour la santé

Sans traitement chimique en culture, j’apprécie la propreté de ce thé. C’est essentiel. Il n’a pas forcément de label Bio, mais peu importe, il fait partie des thés que je cherche.

Je sens, voir je ressens presque immédiatement les thés traités, cela se traduit de manière très désagréable dans mon corps (sensation de tremblement, picotements, nausée). Ici, tout va bien, très bien même !

Rappelons la forte teneur en antioxydant de ce thé de printemps, avec la présence des bourgeons plus riche que les feuilles. Le taux de théine lui, est équilibré entre les feuilles un peu oxydées qui en ont moins, et les bourgeons qui en ont plus pour leur croissance et la lutte contre les insectes. Enfin la théine se diffusera doucement et sans doute pas entièrement car les feuilles n’ont pas été roulées. Seules les feuilles cassées feront augmenter le taux de théine en la libérant plus rapidement, il faut donc manipuler ce thé avec précaution !

Réveiller le thé et les accessoires

Disposons les accessoires sur la table, gaiwan, gongdaobei (pot de réserve), tasses, chaze (coupelle en bambou) dans lequel on dépose le thé 3 à 5 gr en fonction de la taille du gaiwan (150 à 250 ml)

Faire bouillir l’eau entre 90 et 95°C, une infusion à 100°C est possible aussi mais le gout floral sera un peu atténué.

Chauffer le gaiwan à l’eau bouillante en la vidant dans le gongdaobei puis du gongdaobei aux tasses. Ajoutons rapidement les feuilles sèches dans le gaiwan encore chaud. Attendre 30 secondes pour réveiller le thé. On peut agiter gentiment le gaiwan pour libérer les arômes. Puis entrouvrons le gaiwan pour y respirer (expirer avant d’ouvrir le gaiwan et inspirer lentement à l’ouverture) les parfums floraux et huileux qui s’en dégagent. On sollicite ici l’audorat pour contribuer au bien être et au plaisir mais aussi identifier les éventuels défauts.

 

Premier « Pao » (infusion en chinois)

Pour ce MU DAN WANG, et pour tous les autres thés, je prends de l’eau la moins minéralisée. L’idéal est l’eau de l’osmoseur ou alors une eau dont le résidu à sec est le plus faible possible (une eau souple).

Je la chauffe à 95°C, je la verse délicatement sur le thé. Je fais un mouvement rotatif sur le thé pour m’assurer que toutes les feuilles soient bien mouillées et qu’elles descendent sous l’eau.

Je ferme le gaiwan, je laisse infuser 5 sec. et je vide ENTIEREMENT la liqueur dans le Gong Dao Bei (pot de réserve) en maintenant le couvercle entre ouvert sans laisser les feuilles tomber. Je repose le gaiwan et le laisse légèrement ouvert pour faire retomber la température.

Je prends un instant pour apprécier la couleur et les reflets de la liqueur, puis je sers les tasses.

Dans le gongdaobei vide et encore chaud, je profite du parfum de la réaction des phénols chauds avec l’oxygène froid, dans un mouvement de va et vient.

 

Deuxième « Pao » et les suivants

Pour la deuxième infusion, je refais la même opération que pour le premier « Pao » en laissant infuser moins de 10 sec. Le service suit la même procédure que pour le premier « pao ».

3ème pao : moins de 20 sec.

 

A partir du 4ème pao, le thé devient stable et le temps d’infusion dépend du buveur, un temps plus long pour un thé pour fort..